Communiqué

Le 31/12/2010

Lieu

PERNES LES FONTAINES

Communiqué du 14 décembre.

   

La découverte récente, relatée par la presse, sur le site de la décharge de Pernes gérée par SITA-Méditerranée, de ce qui ressemble très fortement à des panneaux de fibrociment contenant de l'amiante, a provoqué ici et là des réactions, parfois passionnelles, que je souhaite reprendre et exposer le plus rationnellement possible.

 

C'est parce que j'ai travaillé trente ans AVEC l'amiante en tant que directeur d'études de santé publique, y compris comme consultant à Luxembourg auprès de la Commission européenne, désigné par la Direction générale de la santé du ministère, que je me permets d'être particulièrement prudent (voire sans compromis) vis-à-vis de ce grand tueur.


Je rappelle que le principe de précaution qui est l'arme principale du mouvement associatif environnemental pour résister aux lobbies, a été mis en place en France, après la Conférence de Rio, à l'occasion de la loi de 1997 INTERDISANT enfin l'usage et l'importation de cette fibre mortelle.


Aujourd'hui, l'amiante est encore omniprésent, et au rythme actuel, il faudra au moins vingt ans pour le RECYCLER (pas de l'enfouir) de façon à le rendre définitivement non toxique. Il va sans dire qu'il n'est pas pour nous question de transmettre à nos enfants des décharges sommaires, bourrées de produits non inertes, ainsi que l'arrêté du 28-10-10 vient ENFIN DE LE RECONNAÎTRE...(nos interventions à Paris n'y sont sans doute pas totalement étrangères...)

 

C'est ce principe de précaution qui nous a poussé à lancer une alerte, au risque (c'est bien notre MISSION) que ce que nous avons visuellement repéré sur ce terrain avait de fortes chances (au sens scientifique du terme) d'être de l'amiante.


Au risque aussi de nous tromper... que nous assumons car nous sommes responsables.


Nous ne l'avons pas fait à la légère, et nous avons confié nos photos à plusieurs experts reconnus pour lesquels le doute est très mince.


C'est pourquoi nous avons déclenché cette conférence de presse, et demandé au préfet de diligenter rapidement une expertise chimique du contenu de ces panneaux gris anciens, ayant toute l'apparence de contenir de l'amiante, car tous les panneaux en contenaient jusqu'en 1997 et jusqu'à liquidation des stocks, et tous les jours, des toits sont refaits, mettant sur le marché de nouveaux déchets dangereux.

 

Pour détecter la présence d'amiante, l'INRS a mis en place un protocole précis, et certifié des laboratoires spécialisés. Il en existe en PACA, notamment à Marseille.


L'expertise consiste à ce que deux techniciens agréés se rendent sur le terrain, commencent par repérer VISUELLEMENT les éléments douteux, les photographient sans les toucher, recherchent une marque éventuelle, ou une trace de spécification du fibrociment.


Les canalites récentes sans amiante (mais avec des fibres minérales tout aussi toxiques et cancérogènes, ce qu'il faut savoir) sont rosâtres, et leurs coupures sont franches.


A Pernes, les éléments que nous avons photographiés (certifiés par un huissier présent sur place) sont gris sale, anciens, aux cassures asymétriques, et créent un sérieux doute, en particulier le tuyau) d'être de l'amiante. Obligent donc à la précaution.


Les techniques de prélèvement en sac hermétique et thermosoudé font l'objet d'un autre protocole, les techniciens étant alors protégés par une combinaison, des gants et des lunettes antiprojections.

   

Ce long préambule pour dire combien nous avons été étonnés pour ne pas dire plus, de lire sur le site de l'UDVN 84 que son président avait empiriquement, de manière dangereuse, en s'autorisant de lui-même, sans respecter les règles strictes du prélèvement, sans témoin indépendant, et sans être agréé, procédé à ce qu'il a appelé des "prélèvements", qu'il était ensuite censé soumettre à un laboratoire pour qu'il définisse la nature du produit.


A ses pieds, un gros bloc de goudron bien noir échappe à sa sagacité : dans une telle décharge, il est pourtant INTERDIT...


Il a fait cet acte "invité" par un directeur de SITA : quelle est l'indépendance d'une telle démarche, et pour QUI travaille JPB ?


CINEA 84 considère que cette pratique médiatique n'a aucune validité scientifique, aucune légitimité autre que d'apporter un trouble dans cette démarche que seul le préfet peut diligenter dans le respect des règles qu'impose un tel produit.

 

L'amiante est un problème trop sérieux pour être ainsi galvaudé. L'amateurisme pénètre ici dans le champ d'action d'un cancérogène qui nécessite des règles de maniement, et une très grande prudence : certaines personnes -on ne sait trop pourquoi une telle joie- clament aujourd'hui que, hourrah, ce n'est pas de l'amiante, CINEA s'est plantée. Curieuse incantation un peu infantile...


Tout scientifique qui se respecte établit toujours une hypothèse de travail incluant les deux possibilités. Ce n'est pas un acte magique.


Nous souhaitons tous que ce ne soit pas de l'amiante, et nous serons les premiers à nous féliciter de notre vigilance, mais le problème de l'enfouissement futur ne sera pas réglé pour autant... et notre travail continuera jusqu'à ce résultat visé. Avec le soutien de l'UDVN ?


Nous souhaitons qu'une ambiance responsable revienne dans cette affaire ou la croyance n'a pas sa place. Les habitants ont besoin de certitudes pour vivre en paix à côté de cette décharge douteuse quoi qu'il en soit.


C'est au préfet aujourd'hui d'agir, pas à une fédération qui vit une rivalité qui n'a pas sa place face à un tel enjeu.


   Le président : JJ. Lottin

 



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