Le 4 mai 2010 - Conférence de presse de Jean Jacques LOTTIN, Président de CINEA 84

DÉCHETS D'AMIANTE À PERNES : ARGUMENTAIRE

                L'entreprise SITA-Sud a déposé en Préfecture de Vaucluse une demande d'autorisation de gestion d'un enfouissement de déchets d'amiante issus des départements du Sud-Est.

Ce centre serait l'ancienne GRAVIÈRE que SITA-Sud exploite actuellement à PERNES pour y traiter des gravats sur le Chemin Saint-Gens, à proximité de l'aérodrome de Carpentras.

Au cœur touristique du Comtat-Venaissin fortement peuplé, dans le bassin de la Nesque aux riches traditions viticoles, agricoles et historiques, aux productions de qualité (truffes, Côtes du Ventoux, abricots, cerises de Venasque, fraises de Carpentras, huiles d'olive) reconnues par trois AOC, cette implantation d'un archaïque et sommaire centre d'enfouissement (quand on ne veut pas gérer un problème, on l'enterre) est une aberration paresseuse et coupable, une prise de risques sur le dos des habitants qui les a conduits à s'organiser en Collectif de refus.

                  L'entreprise envisage d'y déposer en dehors de toute enquête d'utilité publique, sans consultation des habitants, l'équivalent de 20000 tonnes annuelles de déchets rebaptisés « INERTES », pendant vingt-trois ans.

SITA-Sud évoque dans son dossier non public, des déchets d'amiante LIÉE, c'est-à-dire inclus dans un ciment, un plâtre ou une colle, à l'exclusion semble-t-il des résidus de flocage.

Ces résidus ne sont pas INERTES au sens scientifique du terme, mais provisoirement STABLES.

                La seule amiante INERTE est la cendre issue de sa combustion totale en four à ciment, ou l'amiante vitrifiée à la flamme à plasma qui produit un vitrifiat neutre chimiquement.
Ce n'est pas le cas ici. Cette affirmation n'est pas scientifique. Au pire, elle est incompétente ou mensongère.
De plus, aucune GARANTIE ne peut être fournie par l'industriel sur l'absence de risques dans la manutention, le transport, la formation des personnels et le dépôt des sacs la contenant.

                Une gravière n'est pas un milieu stabilisé, elle continue à bouger, subir des pressions et des infiltrations vers les nappes phréatiques, rendant ce type de dépôt aléatoire, DONC DANGEREUX.

Pour rappel, c'est la loi sur l'amiante qui a instauré la jurisprudence de la FAUTE INEXCUSABLE pour les responsables qui SAVENT, mais refusent d'en tenir compte au nom d'intérêts économiques qui seraient supérieurs. Le Préfet SAIT, SITA-SUD sait. Nous savons tous le danger de ce projet.

                Rappelons pour mémoire qu'avec l'affaire du sang contaminé, l'amiante a constitué durant les années 1989-1997 un retentissant scandale de santé publique à l'ombre d'un puissant lobby industriel. Il a fallu vingt ans de lutte pour en obtenir par la loi du 1 janvier 1998, l'interdiction d'usage et d'importation TOTALE et DÉFINITIVE.

                L'amiante est un formidable minéral aux vertus toujours irremplaçables, qu'il fait payer très cher aux humains : une seule microfibre de 2 microns et demi inhalée par un ouvrier se fixe dans les tissus de la plèvre, où elle peut nicher en silence pendant quinze à trente ans avant qu'une irritation ne provoque une ulcération nécrosante dégénérant en cancer : l'asbestose et le mésothéliome, à l'issue mortelle dans tous les cas, et sans traitement.

  Avec ce tueur avéré (4 à 10000 décès par an), aucun compromis n'est possible.

Dans l'application citoyenne et réfléchie du principe de précaution, les associations regroupées dans le Collectif ont dit NON sans négociation « technique » à ce projet d'une grande irresponsabilité, véritable bombe à retardement pour nos descendants.

C'est pourquoi L'ASSOCIATION de la Loi de 1901 les fédérant:

CINEA 84
Collectif Indépendant Non à l'Enfouissement de l'Amiante

a un objet clair et le mettra en œuvre jusqu'au refus par le préfet de donner son autorisation
à l'implantation de ce stockage précaire sans garanties sérieuses.


Conférence de presse de CINEA 84 par Jean Jacques LOTTIN, mairie de Saint Didier

Les articles de presse : La Provence




Ajouté le 04/05/2010 par Jean Jacques LOTTIN - 0 réaction

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