Compte rendu des AG ordinaire et extraordinaire

Tenues lundi 31 janvier 2011, à l'Espace Saint Gilles, à Pernes, en présence d'adjoints et Conseillers Municipaux de Pernes, Monsieur le Maire Pierre GABERT, absent était excusé.
Etaient également présents Monsieur le Maire de VENASQUE, des Elus de MALEMEORT, LA ROQUE SUR PERNES, SAINT DIDIER et SAUMANE.

L'Assemblée Générale Ordinaire

Rapport Moral et d'Activité
par le Président Jean Jacques LOTTIN

 

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Notre premier rapport moral et d’activité pour l’exercice 2010 se résumera

en une phrase

 qui résonne pour nous comme une première belle victoire :

 

le 2 décembre, donnant une interview au Dauphiné, en réaction à notre conférence

de presse sur la découverte d’amiante, François CHEVREUL, directeur de SITA, conclut :

 

«… nous avons décidé que CINEA 84 ne participera pas au collectif de travail

que nous mettons en place,

PUISQUE NOUS AVONS REPOUSSÉ CE PROJET AUX CALENDES GRECQUES »…

 

Comme chacun le sait, les grecs n’ont jamais eu de calendes, cela signifie donc REPOUSSER PERPÉTUELLEMENT LE PROJET, JUSQU’À CE QU’IL SOIT OUBLIÉ, à la saint-glinglin…

 

Le premier but que CINÉA 84 s’était fixé lors de sa création a donc été atteint en 7 mois, en cinq, compte tenu de l’immobilisme des vacances, un record d’efficacité.

C’est une belle victoire du pot de terre CINÉA contre le pot de fer SITA, que nous allons célébrer tout à l’heure autour des galettes des rois...

 

Je crois d’ailleurs que si nous étions restés un simple collectif fédératif informel, à fonctionnement consensuel mais flou, nous n’aurions pas atteint ce but si rapidement.

L’association nous a toujours semblé l’outil le plus efficace pour mobiliser les forces et parvenir à ses fins dès lors que son objet social est unique.

 

Pour autant, nous n’en avons pas fini avec cette affaire, qui consistait aussi à susciter et encourager la création d’une filière industrielle de recyclage de l’amiante lié.

 

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                        CINÉA 84 est donc né le 20 avril 2010 lors d’une réunion du Collectif Apolitique d’associations de Pernes et des communes environnantes, qui s’était mis en place le 25 février, pour lutter contre le projet d’enfouissement d’amiante dans la gravière.

            J’ai été désigné président sans avoir été candidat, mon intérêt pour votre lutte s’était manifesté par la signature de votre pétition, et je suis intervenu devant vous le 30 mars pour parler des risques sanitaires de l’amiante.

Les statuts d’une Loi 1901 sont déposés le 23 avril, et l’officialisation est donnée le 15 mai.

 

            Depuis avril, l’activité de CINÉA 84 a été plus qu’intense : nous nous sommes très souvent réunis en bureau (une dizaine), en CA, et de manière amicale et informelle, pour discuter à chaud de l’évolution de notre combat. Nous avons écrit d’innombrables lettres, et multiplié les contacts tous azimuts pour mobiliser élus et habitants autour du refus.
                        Et puis, il y eut des temps forts : le 4 mai, nous avons tenu une conférence de presse pour annoncer notre naissance et notre programme.
Elle eut un grand retentissement. Nous avons créé une attente.
                        Le 5 mai, le soleil revenu permet une interview sur le site de la décharge avec FR3, qui passera aux deux journaux régionaux.

Radio Bleu Vaucluse de même passera en boucle nos interventions plusieurs jours…

 

                        Le 10 mai, nous emplissons la salle des Augustins pour accueillir la sympathique équipe toulousaine du Pr Michel DELMAS, qui nous apporte la bonne nouvelle : oui, l’amiante, ça se recycle facilement, et ça peut même rapporter gros.

Prenez une grosse bassine pleine d’acide chlorhydrique chaud. Trempez-y vos déchets d’amiante lié, vous en retirerez par catalyse de détoxication, de la silice amorphe, du

chlorure de magnésium, et de l’hydroxyde de fer plus ou moins purs, mais inoffensifs.

 

Il s’agit pour CINÉA de rappeler que nous ne sommes pas des démolisseurs négatifs, mais bien des bâtisseurs d’alternative à l’enfouissement stérile et irresponsable, ici et ailleurs.

 

            Nous le prouverons le 22 juin en Mairie de Pernes en dialoguant une matinée avec l’équipe de direction de SITA-Sud devenue SITA Méditerranée, à qui nous proposons de réfléchir au « scénario DELMAS ».

SITA s’engage oralement sur cette voie, et nous promet un retour à la fin de l’été pour proposer des alternatives à l’enfouissement.

Au lieu de cet engagement, nous découvrons par la presse qu’ils ont bien l’intention de poursuivre leur opération à Pernes, et de déposer un nouveau dossier « amélioré » (sic).

 

            Cette fuite nous fait organiser un second meeting aux Augustins le 10 septembre, que de nombreux élus honoreront de leur présence. Notre coalition civile se renforce devant une salle comble, avec l’hommage apprécié des producteurs bio et des viticulteurs qui nous offrent un magnifique buffet, agrémenté par les trouvailles gastronomiques de nos bénévoles et militantes.    

            Entre temps, la pétition dépasse les 8000 signatures, et de nombreuses municipalités ou collectivités territoriales votent des délibérations de soutien à notre combat et à celui du Maire de Pernes. Cette semaine encore…

            Cette rentrée en fanfare culminera le 24 septembre par

 

LE VOTE UNANIME DES CONSEILLERS GÉNÉRAUX D’UNE DÉLIBÉRATION REFUSANT L’ENFOUISSEMENT D’AMIANTE EN VAUCLUSE.

 

Parallèlement, depuis février, monsieur FERRAND, député de Carpentras nous relaie efficacement tant auprès des ministres successifs, que du très timide et discret préfet de Vaucluse… Mr BOUCHET, député-Maire de Cavaillon vient à son tour de rejoindre nos soutiens actifs sur la question du recyclage.

 

Au fond, une fois de plus dans le champ d’un risque environnemental fort, ce dont il est question ici, c’est bien de l’usage du PRINCIPE DE PRÉCAUTION.

Un garçon de 14 décède après avoir dîné d’un double « extra long beef pepper » dans un fast-food, et le préfet FERME l’établissement en application du principe de précaution.
Le MEDIATOR a tué un millier de personnes en connaissance de cause, mais aucun ministre, en application du PRINCIPE DE PRÉCAUTION n’a fait retirer ce médicament du marché depuis quinze ans.
On découvre des plaques d’amiante dans une décharge à Pernes, nous réclamons la fermeture et une enquête d’urgence. Le préfet ne daigne même pas répondre. Parce qu’il n’y a pas de mort ? Deux poids, deux mesures à la tête du client ?

Si on applique ce principe à la carte, alors ce n’est plus un principe… mais un ALIBI.

Et qu’en sera-t-il de l’autorisation irresponsable d’ouvrir au groupe SUEZ (dont dépend SITA) des permis d’exploration très destructrice dans trois sanctuaires naturels de la région de filons de gaz de schiste ?

Jusqu’où veulent-ils saloper notre région. Le nucléaire ne suffit plus ?

 

 

En novembre, à Pernes, dans le cadre de notre engagement volontariste à trouver une solution industrielle alternative, nous rencontrons de nouveau l’équipe de DELMAS pour échanger sur la faisabilité à moyen terme du recyclage. Il s’agit désormais d’un vrai partenariat scientifique.

Nous souhaitons tous qu’il aboutisse. Mais bien sûr, ça prendra encore du temps car la logique économique longue n’a rien à voir avec l’urgence écologique…

 

ENFIN, DERNIER COUP DE THÉÂTRE D’UNE ANNÉE RICHE EN REBONDISSEMENTS

            JP. SAUSSAC repère sur le site, fin novembre, des déchets douteux. Photographiés par un huissier de justice, il s’avère qu’il s’agit plus que probablement d’amiante lié.

SITA jure le contraire, tout en admettant dans la Provence qu’un dépôt « sauvage » accidentel n’est pas totalement à exclure… sic.

Nous révélons cet événement par une nouvelle conférence de presse le 1 décembre, devant de nombreux responsables, et lançons au préfet par recommandé une alerte sanitaire exigeant la fermeture du site, et l’analyse rapide de son contenu.

            Nous sommes depuis sans réponse, et nous avons donc consulté un avocat pour connaître nos droits au civil et à l’administratif. Un recommandé donne deux mois aux autorités pour y répondre. Au-delà peut démarrer une action juridique pour CONSTAT DE CARENCE ADMINISTRATIVE. Deux mois, c’est aujourd’hui…

 

Nous ne refusons aucune hypothèse d’action pour l’instant

 

Et puis, il y a eu la question lancinante de l’autorisation d’exploitation de cette décharge…

Comme nous n’en trouvions aucune trace, nous avons eu l’intuition qu’elle n’existait pas, et avons fini par « retrouver » en Mairie une mention d’un arrêté préfectoral du 28 février 2008, accordant à SITA-Sud l’autorisation d’exploiter la gravière.
Nous nous sommes procuré le texte intégral qui apparente cette décharge RÉTROACTIVEMENT à une installation de stockage de Classe III pour déchets inertes A L’EXCEPTION DE L’AMIANTE … et du GOUDRON, c’est mentionné noir sur blanc, et pour une durée de 25 ans.

 

Ceci signifie donc qu’entre 2001 et 2008, SITA a exploité la gravière SANS  AUTORISATION 

explicite, ce qui justifie notre exigence d’une analyse totale du site, car n’importe QUOI aura pu y être déposé sans contrôle… de plus, aucune installation propre à la Classe III n’a été mise en place en huit ans (géomembrane, récupération des lixiviats et du méthane)…

            En outre, cet arrêté liste précisément les déchets de démolition du BTP expressément autorisés :

LES FIBROCIMENTS (amiantés ou pas) N’Y APPARAISSENT PAS

 

Or, en droit français, tout ce qui n‘est pas autorisé est INTERDIT. CQFD.

La faute (inexcusable) commence à se préciser avec l’accumulation des violations du droit…

 

En conclusion,

Je remercie les 12 associations et les 36 adhérents individuels du CA, qui sont la force vive de CINÉA 84, et qui l’ont amené à la victoire d’aujourd’hui.
Une victoire qui en appelle d’autres.

            Nous avons mené notre mandat le plus collectivement possible, de manière scrupuleuse, avec force quant au principe de refus de l’enfouissement sur lequel nous ne transigerons pas, et avec parfois des hésitations et des doutes sur la méthode la meilleure pour y parvenir, qui n’est jamais le YAKA ON Y VA....Nous ne sommes pas un vulgaire lobby, mais une association de libres citoyens qui s’engagent dans une discipline collective et solidaire.

            Nous avons été contraints d’intervenir vis-à-vis de certaines personnes que notre parcours semblait ne pas enthousiasmer, et prévenir quelques chausse-trapes et rivalités…

            Nous avons certes de nombreux et solides soutiens, mais l’adversaire le plus coriace est le préfet dont la politique semble à l’évidence consister à ne pas faire de vagues, à gagner du temps sur le scandale, à ne pas appliquer ses propres directives et arrêtés, et à nous pousser à commettre une faute par impatience ou erreur d’appréciation du vrai rapport des forces. Nous tenterons de rester vigilants et de ne pas tomber dans le piège.
            Nous nous sommes fixé une ligne de conduite : être sérieux, tenaces, mobiliser les compétences, refuser le spectacle ou la dramatisation, débattre publiquement, nous documenter au maximum, être scientifiques, gagner la confiance des médias par le refus du sensationnel. Notre site est remarquablement tenu, et semble très apprécié par ses plus de 4000 visiteurs.

 

Notre seconde bataille, celle du recyclage de l’amiante est entamée, loin d’être gagnée.

Elle durera des années, à la mesure du retard français. Nous avons donc encore besoin de votre soutien, de votre patience solidaire, de vos idées, de vos réseaux.
Merci de votre attention.

                                                                              


Le Bilan Financier 

Grâce aux nombreuses adhésions et à la subvention exceptionnelle votée par le Conseil Municipal de Pernes, le bilan financier est positif.

Il a été approuvé à l'unanimité, et le quitus a été donné aux administrateurs.


L'Assemblée Générale Extraordinaire

La modification des statuts autorisant l'Association à ester en justice a été votée à l'unanimité.




Ajouté le 31/01/2011 par Jean Jacques LOTTIN - Président - 0 réaction

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