Le 9 août 2010 - Lettre à Monsieur le Chef d'Agence de Carpentras - VAUCLUSE MATIN


                      Le 9 Août 2010       

                                                                                                          

Vous avez bien voulu dans l’édition de ce jour revenir sur la question du projet d’enfouissement de déchets toxiques d’amiante dans la gravière de Pernes que gère l’entreprise SITA-Méditerrannée. Nous vous en remercions.

 

Votre article contient quelques approximations et inexactitudes qui ne sont pas de votre fait, et que je souhaite souligner, en tant que partenaire du dialogue associatif avec SITA.

 

Les gens concernés ne sont « pas mus par la peur », mais par la précaution et la compétence professionnelle en matière d’amiante et de connaissance concrète de ses effets toxiques, tant pour l’environnement, que pour la santé publique.

 

C’est en raison qu’ils se sont mobilisés si nombreux (7000 signatures), et pas par crainte ou indignation. Le risque est réel. Il est mortel, et demande donc le sérieux pour son traitement.

 

Une fois encore, l’entreprise créée l’amalgame et la confusion entre l’amiante dite LIÉE et l’amiante INERTE.

 

Rappelons donc que d’un point de vue scientifique, l’amiante liée dans une gangue (ciment, plâtre) peut toujours s’effriter et restera donc non inerte tant qu’elle n’aura pas été vitrifiée ou grillée. Ce point est décisif  pour comprendre notre rejet.

 

Ce que SITA projette de déposer en stock dans cette gravière est donc bien de l’amiante non-inerte, qui restera dangereuse, quelle que soit la qualité initiale de son emballage.

 

Je rappelle qu’en l’état actuel de la législation, il n’y a plus de contrôle des opérations par des ingénieurs sanitaires publics. Seuls des agents privés de SITA interviennent.

 

D’ailleurs, le porte-parole de SITA dans votre article ne précise pas qui procède aux « contrôles drastiques », ce qui en restreint la garantie que nous attendons.


CINEA84 considère que le maniement d’une roche mortelle doit se faire sous le contrôle des agents de la DDASS et de l’Agence régionale de Santé, seule garantie d’indépendance.

 

Autre inexactitude : ce n’est pas Grenelle qui rend obligatoire le traitement de ces déchets, mais bien la Loi anti-amiante de Noël 1996, qui prévoyait leur destruction par vitrification ou par cuisson dans des fours à ciment. La France n’applique pas SA loi, c’est pourquoi CINEA84 intervient avec sérieux et fermeté, et sans dramatisation, car enfouir un problème ne le résout pas, et le transmet simplement à nos enfants.

   

Votre article signale enfin qu’en Vaucluse SITA exploite déjà le site de Pernes où il stockerait de l’amiante. C’est bien sûr inexact, le Préfet ayant demandé une amélioration du dossier.

 

Il n’y a pas actuellement de dépôt d’amiante, et nous souhaitons qu’il n’y en ait pas.

CINEA84 s’oppose à la « solution » paresseuse du simple stockage qui ne règle rien.


A l‘instar de la Grande-Bretagne, de la Belgique et des Pays-Bas, nous exigeons l’élimination industrielle des déchets, et pas leur accumulation sommaire dans des lieux de stockage aussi fragiles et instables qu’une gravière, en mouvement permanent, mini effondrements, infiltrations d’eau, travail des rongeurs, qui ne garantit aucun avenir sûr pour ces sacs, ni la non circulation aérienne de fibres dangereuses pour l’entourage.

 

Si comme le dit votre titre « L’enfouissement est le plus fiable », ce n’est que du point de vue économique et comptable du moindre coût, la fiabilité est quasi nulle en matière de risque pour la santé.

 

Je vous remercie de votre intérêt pour cette question grave, et je souhaite que vous portiez à l‘attention de vos lecteurs les éléments complémentaires d’information dont ils ont besoin pour se faire une idée plus exacte du problème plutôt que de disposer de la seule position de l’entreprise.

 

Très cordialement,

 Jean Jacques LOTTIN

 Président de CINEA 84

  



Ajouté le 09/08/2010 par J.J. LOTTIN - Président CINEA 84 - 0 réaction

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